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Le constat de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) justifie à lui seul l'ensemble des politiques visant à favoriser l'égalité professionnelle. En 2004, en Champagne-Ardenne, « à profil identique, les femmes perçoivent un salaire brut moyen inférieur de 9 % à celui des hommes ».
Mais l'égalité professionnelle, ce n'est pas seulement une question d'égalité salariale. « C'est aussi la mixité professionnelle, l'égalité des conditions de travail et la conciliation entre la vie privée et la vie familiale », ont rappelé les intervenants présents lors du petit déjeuner d'entreprises organisé, vendredi, par la Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP).
Des entreprises témoignent
Pour illustrer le chemin qui reste à parcourir, Agnès Leroy, directrice adjointe de la DDTEFP, a rappelé que « dans les entreprises, les femmes n'occupent qu'un quart des postes d'encadrement. Elles travaillent davantage en CDD que les hommes et davantage à temps partiel… »
Pourtant, depuis la loi du 13 juillet 1983, un dispositif législatif existe. En parallèle, les entreprises ont à leur disposition une série d'outils censés les aider dans leurs démarches (lire ci-contre). Un cadre qui contribue à faire avancer les choses.
Chargée du recrutement chez TransDev, Magali Guillaume est intervenue au nom des Courriers de l'Aube. Pour faire face aux difficultés de recrutement, l'entreprise a mis en œuvre une formation initiale à l'embauche, en partenariat avec la délégation aux droits des femmes. Le principe ? « Plutôt que de recruter des personnes parce qu'elles étaient titulaires du permis D, nous avons recruté des personnes parce qu'elles étaient motivées », explique Magali Guillaume. Spécifiques (temps partiel, horaires décalés les matins et soirs…), ces postes de conducteur d'autocar, considérés plutôt homme « masculins », ont séduit une majorité de femmes. Aujourd'hui, l'entreprise compte quatre-vingt-quatre conductrices pour soixante-dix-sept conducteurs.
Dans certains secteurs, des efforts restent à faire. Spécialisé dans la construction de routes, Eiffage (filiale d'Apia) ne compte que 7,5 % de femmes. « Ce sont des métiers 100 % dehors, difficiles pour les femmes », remarque Patrick Thomassin, directeur d'Apia Champagne. Néanmoins, l'arrivée récente de sept femmes sur les chantiers a constitué une petite révolution : « Il y a sept-huit ans, nous n'avions aucune femme. Les choses sont en train de bouger ! »
La parité… mais dans les deux sens « Agir en faveur de l'égalité professionnelle, c'est également agir pour que les métiers féminins soient ouverts aux hommes », a conclu Marie-Laurence Guillaume, directrice de la DDTEFP. Agir dès la formation initiale, lutter contre les stéréotypes et favoriser le dialogue social peuvent contribuer à résorber les inégalités professionnelles et salariales. Deux objectifs que le gouvernement s'est fixés.
Même pour les entreprises qui pensent faire partie des bons élèves, l'égalité professionnelle ne va pas de soi. C'est ce qu'a constaté Gérard Vaucouleur, directeur d'AGEFOS PME Champagne-Ardenne (vingt-quatre salariés), lorsqu'il a souhaité mettre en place une démarche pour recevoir le label Égalité. Un label qui récompense l'exemplarité des pratiques des entreprises, évaluées sur trois types de critères : les actions menées dans l'entreprise en faveur de l'égalité professionnelle, la gestion des ressources humaines et du management et la prise en compte de la parentalité dans le cadre professionnel.
Un an après avoir entrepris cette démarche, le label Égalité professionnel homme-femme (Afaq Afnor) a été remis officiellement à l'AGEFOS PME CHAMPAGNE ARDENNE, le 15 avril 2009 par Brice HORTEFEUX, ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville et Valérie LETARD, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité, auprès du ministre du Travail.
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Association pour la GEstion de la FOrmation des Salariés des Petites et Moyennes Entreprises